La désuétude des édifices aux larges fenêtres, ces maisons à étage qui laissent pousser des forêts de plantes sur la terrasse.
Les teintes des lauriers que soulignent les réverbères, les halos de lumière qui ponctuent la rue.
La nuit imprégnée d'un parfum de plantes.
Les rayons de dix-sept heures, moins violents, épousant la brise.
Une bibliothèque musulmane érigée près de l'église byzantine, située aux alentours de la mosquée. Les ombrelles en paille, telles des soleils. Le sel qui emmêle les cheveux et se pose dans un geste sur la peau. Le phare posé au bout de l'île, un peu comme le château de Syracuse. De la plage, apercevoir dans un horizon turquoise la Turquie.
L'azur de la baie de Lindos qui se fait métal, les heures passant.
Les courants qui circulent dans le véhicule par trente-cinq degrés. Atteindre Prasonisis comme la fin d'un monde, à droite une mer violente, à gauche une étendue d'eau qui ressemble à un grand lac.
Le vernis à ongles qui se barre en miettes, nos moues débiles sur les photographies de vacances, les babioles achetées en souvenir, qui finiront planquées dans l'armoire. Le chapeau en papier, les galets que la mer fait scintiller comme des joyaux.
Les airs de Nino Rota qui s'échappent des tavernes. Les clichés: manger de la mousaka au bord d'une plage sauvage. Lire Marc Lambron, lever la tête à chaque paragraphe pour savourer la beauté des mots.
Les enfants du soir jouent au foot devant les immeubles, tels des
lucioles. La pastèque de minuit, se chamailler pour obtenir le morceau
le plus sucré.
Les courants s'entremêlent, assourdissants, au bruit de l'écume. La végétation toute en accrochages et glissements, les cactus cernent les rochers.
La mer, ce filet bleu qui borde l'été.