L'art à Rome.Quasi-synonymes car cent lieux mythiques où se trouvent étalées mille oeuvres aux noms alléchants. Extrait: la Galerie Borghèse, l'Amour sacré et l'Amour profane, le Rapt de Proserpine, sublime Apollon et Daphné, plus loin Palazzo Barberini, Giuditta et Oloferne, le Narcisse du Caravage, sur la via del Corso la collection des Doria Pamphilj, et les Breughel, les Raphael, les Vélasquez, ensuite, en contournant le Vittoriano, tomber sur Musei Capitolini, sautiller deux mille cinq cent ans en arrière.
Je pourraisremplirdespagesaveccesfascinantesdénominationssanseffectuerdinutilesespaces. Desdizainesdepagesdenomsdestatuesdestoilesdesculpturesdetouristesébahis.
Juste pour souligner la difficulté de Rome, lorsqu'il s'est agi de gagner le pari en matière d'art contemporain.
La situation a évolué au risque du scandale. En témoigne celui de l'Ara Pacis, premier musée construit depuis l'ère fasciste, pile implanté dans le centre historique, visant à mettre joyeusement en valeur l'Autel de la Paix d'Auguste. En pratique, cela a surtout eu le mérite de déchainer une collective et romaine colère contre Richard Meier. Ce dernier a transformé le projet en défi lancé au conservatisme de Rome en matière d'architecture. ![]() |
| ARA PACIS |
Je préfère m'attarder ici sur le MAXXI, Museo Nazionale delle Arti del XXI Secolo, multicolore mastodonte au coeur du quartier Flaminia.
Auteur: Zaha Hadid, dimensions 27 000 m2, des escaliers qui laissent entrevoir le vide, similaires à des touches de piano, des parois curvilignes suggérant la possibilité de la chute et partout la lumière du dehors, reflétée par les frénétiques passages des tramways. L'actuelle exposition nous a livré le vrac de Michelangelo Pistoletto: à l'intérieur des pièces des miroirs et sur les miroirs représentés des etres. Les amis en pleine conversation, la femme qui prend une douche, la vieille qui se rend au marché faire els courses. Le bain vide. La nudité. Toujours, une considérable place est réservée au spectateur, à qui il est impossible de contempler l'oeuvre sans affronter son propre reflet, de loin ou à proximité, juste ou déformé, le spectateur, entrainé, obligé à jouer l'involontaire acteur. L'abstraction, partie du lot, dans les galeries suivantes: les statues ont trainé en friperie et collent leur corps à des montagnes de tissus désoeuvrés. Meme l'odeur de vieux y est.
![]() |
| Echantillon d'exposition: Michelangelo Pistoletto au MACRO |
Un lieu encore. Près de Garbatella, la centrale ex-thermoélectrique, autrefois appellée Giovanni Montemartini, pole d'expositions des Musei Capitolini, qui l'ont transformée en village d'antiques statues en marbre. Regards figés parmi les turbines, pétries d'imperfections : les années ont effleuré la pierre, les nez sont brisés, parfois les visages absents. Constante interrogation sur le mariage de l'archéologie classique et de l'archéologie industrielle: s'agissait-il de ressusciter les vieilles machines de production ou bien de sublimer les figures blanc cassé, impersonnelles et indispensables.
Inédit que ces visages d'une éternité de vingt siècles distinctement dessinés sur un fond bleu de Prusse, effarants que les corps froids et amputés esquissant d'évidents mouvements.



