vendredi 17 décembre 2010

Vendredi soir. Il y a une semaine, j'entassais mes affaires dans un sac de voyage à l'allure lamentable, essayais de programmer le réveil à une heure décente, pour réussir a prendre un train Rome - Perouse, la matinée suivante.

C'est fou, l'élan qu'on ressent a l'approche d'un voyage, aussi court soit-il, l'excitation, le frétillement, parfois l'exaspération. J'ai une folle horreur des valises; l'idée de prendre le temps pour tout ordonner m'a toujours semblé très belle mais la réalité de l'idée est autrement moins intéressante. Quant à la ponctualité, je cherche à oublier la fois où je devais prendre le dernier train Paris-Montparnasse  - La Rochelle, l'été dernier: m'étant attardée à une soirée pizzas-en-train-de-commencer, du côté de Luxembourg (oui, Chloé B., c'était bien chez toi ...) les circonstances (toujours ces circonstances...) m'ont obligée à arrêter une voiture, fondre en larmes, expliquant au chauffeur énervé la mort de mon grand -père en Vendée (en effet, il est mort ... en 1992... a Bucarest) le suuuuuuuuupliiiiiiiiiiiant de m'aider à arriver à la gare à temps...

Inutile de préciser que cela n'a pas marche.

D'où ma ponctualité concernant tous mes trains d'après, et maintenant plus particulièrement Pérouse. Que nous cinq faux aventuriers avons tout de même fini par rejoindre. Pas d'anecdote particulière concernant le weekend, à part des courses effrénées pour arriver à temps et choper les trains/ bus/ etc., des chipages de Vespa pour séance photo, des promenades dans des cloîtres / villes désert(e)s, des guerres de polochons, du panettone petit budget grandes calories (mais ô combien sublime), des crèches et des églises et des églises et des crèches (car Dieu est partout), un ex-palazzo dans le rôle de l'auberge de jeunesse, du chocolat chaud épais comme au Procope (mis à part la différence de prix: 3€50 vs. 9€... Paris, j'ai beau t'aimer mais...), des escalades de collines à se prendre pour les rois du monde et à avoir raison.



Des ambiances, comme chaque ville en recèle.Souvenir assez glacé de l'entier weekend, peut-être en raison du fossé thermique pour frileux (minus environ 10 degrés). Ou bien à cause de l'extraordinaire sensation que donnent les hauteurs de Pérouse: les maisons, la ville entière, les fleurs, les non-fleurs, les gens où leur absence, l'immobilité des êtres et demeures semblaient avoir été posés là pour mettre en valeur la belle lumière du matin, filtrant ciel et nuages, finale protagoniste de l'affaire.



Dans ces hauteurs, tout était finalement une question de rayons se croisant et s'entrecroisant, une question d'attente, attente d'un brin de soleil qui revienne, avant de se coucher. La matinée nous a livré une ville sans personne, à part une toute petite Grande-Roue qui tournait tournait tournait au bout de l'avenue centrale. L'après-midi, des lumières jaunies s'abattant sur les maisons, les faisant éclater.



Le soir, Pérouse s'anime. Les étudiants remontent en bus vers le vieux centre, où les bars pullulent et tout trépigne, faisant oublier décembre. Décembre a un visage différent à Rome, décembre est doux; toute Française éprouve une évidente satisfaction à se trimballer en ballerines, alors qu'à Paris elle serait déjà emmitouflée, pestant contre cette pluie fine et glacée, reflétée sur le gris des toits, qui plomberait l'humeur d'un clown. Décembre est très blanc, à Pérouse même sans espoir de neige. Car il y a l'attente du translucide du matin, illuminant la ville et ses environs.


Le lendemain matin, direction Assise, plongée dans cette même chouette brume, Assise, vide dimanche dix heures, très belle, bien qu'un peu fantomatique.

La basilique Saint-François


Les heures se sont écoulées, et les gens ont investi les églises, écouté ce qu'ils avaient à écouter, quitté les églises, investi les rues. Tout donnaitune impression d'Avent, les crèches, omniprésentes, les toutes petites, au coin d'une rue, ou bien l'immense, posée devant la basilique Saint - François, les éclairées et les obscures, celles qui recréent des villes anciennes ou bien les toutes simples, représentant les seuls protagonistes. Il y a peu d'illuminations, mais l'atmosphère semble tellement particulière qu'on réalise vite que ce n'est pas le plus important, que l'essentiel réside dans cet air froid, dans l'effervescence d'individus qui grouillent sur les places, basilique supérieure, basilique supérieure, comme si l'après-messe avait enfin donné vie à la ville.


L'instant d'après: l'instant d'après être montés tout en haut de la vieille ville, ou l'instant d'après avoir bu un dernier chocolat beaucoup trop épais, l'instant d'après avoir réussi à ne pas rater le train pour Rome stazione Termini, réflexion qui me trotte dans les pensées et me file un sourire: ce qui importe n'est pas où on va, mais ce qu'on en fait.